Martin Creed

« Sacre bleu »

avril 5 | Focus

On la targue d’être la plus immatérielle des couleurs, sa froideur et sa pureté ne laisse personne indifférent. La couleur bleue allège les formes, elle dématérialise, elle est le chemin de l’infini où le réel se transforme en imaginaire. Entrer dans le bleu, c’est comme ouvrir une boite de Pandore, comme Alice qui souhaite passer de l’autre côté du miroir. Chemin de la rêverie, du songe et de l’inconscience, l’irréalité de ses teintes suggère l’idée d’une éternité tranquille. Considérée par les égyptiens comme la couleur de la vérité, le bleu céleste est le seuil qui sépare l’homme de ceux qui gouvernent avec l’au-delà. Le bleu sacralisé – l’azur – est le champ élyséen, la matrice à travers laquelle perce la lumière.

Son nom vient de l’ancien français blef, blev dont le premier pigment fut découvert par les Égyptiens et obtenu à partir de l’azurite : un minéral naturel. Ses multiples nuances ne cessent de subjuguer. L’indigo, par exemple, est connu pendant l’Antiquité en broyant des feuilles de guède. En France, le pastel fait la richesse du Languedoc. Bleu de Prusse, bleu de cobalt, bleu Guimet, bleu céruléum, bleu de phtalo viennent compléter le nuancier jusqu’en 1960 où l’artiste Yves Klein brevète son très profond International Klein Blue.

C’est donc sans surprise que les artistes actuels chérissent encore cette couleur si particulière. La sélection qui suit est un nuancier de bleus. Une traversée du miroir vers l’infini de son immatérialité.

Avec :

Christian Marclay / Ettore Spalletti JeongMee YoonZachari Logan / Ashley Wallis / Do Ho SuhTakashi Murakami Anna-Schuleit / Gustavo Fuentes / Agnes Lloyd-Platt / Jessica Lloyd-Jones /  Yusuke Asai / Tejal PatniTasha Lewis / Lorenzo Vitturi / Maiko TakedaMartin CreedVittorio CiccarelliAndy LeeGabby O’ConnorKarina EibatovaFlorian Lévy / Stitched Panorama / Elise / Daryna Kossar / Matt Crump / Serjios. 

Julie Baquet © Art and facts

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