Claudia Fontes : amour poreux

mai 3 | Volume

Un peu de dopamine dans ce monde de brutes. Enlacées, amoureuses, les sculptures en céramiques de Claudia Fontes sont liées par la tendresse. Un espace poétique que la plasticienne Argentine développe à travers des humanoïdes percés de pores. Douces et minimales, ses compositions figuratives étranges sont composées à partir de porcelaine de lin. Très petites (environ 23 x 5 cm), elle tiennent dans la main et rappellent des éponges de mer. Un art organique qu’elle décrit « en réponse au paysage anglais qui l’entoure et à la compréhension culturelle de l’étranger », lors de balades. « Au cours de ces marches, je me concentre sur l’observation du processus de transformation, d’interaction et des mécanismes d’adaptation qui se produisent parmi les créatures qui partagent ce système biopolitique particulier ». Une ode à la nature en somme, un poème décrié comme une déclaration d’amour à la vie.

Quand au nom de sa série des étrangers (Foreigners) datant de 2013, elle fait référence au nom péjoratif qu’on donne à ceux venus d’ailleurs. Basée en Angleterre depuis 10 ans, elle traduit ici la difficulté de n’être jamais vraiment chez soi. Un déracinement enraciné dans la pierre.

Egalement connue pour son oeuvre The Horse Problem exposée au pavillon argentin de la Biennale de Venise en  2017, Claudia Fontes explore à travers des actions, objets et recherches, sa perception de la culture, de la nature, de l’histoire et de la société.

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+ Claudia Fontes

www.claudiafontes.com

Julie Baquet © Art and Facts

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