OKAMA MATSURI : Tête de bite fout la merde ©Fredster

Homo-erectus

juin 25 | Focus

Homo-erectus,  l’homme dressé, mais pas queue. NSFW

Le corps de l’homme représenté dans toutes ses morphologies et sous toutes ses coutures. Succombant aux plaisirs de la chair. Il est décomplexé, assumant une synergie parfaite entre virilité et féminité. Du penis flaccide aux verges turgescentes, le membre se brandit fièrement.

L’homosexualité existe depuis toujours. Partout. C’est d’ailleurs un comportement courant chez près de 1500 espèces animales. Le terme homoérotisme n’est pourtant créé qu’en 1911 par l’allemand Sándor Ferenczi, alors que ses premières représentations remontent à l’antiquité, dans ce temps là alors plus ancré dans les critères sociaux que dans la biologie.

Du martyr à l’extase, Saint Sébastien, modèle de canon de la beauté de la Renaissance, représenté par d’innombrables artistes, perd complètement son aspect religieux pour mettre en avant son érotisme, faisant de lui un pur objet de désir mystique. Érigé en icône gay par la communauté homosexuelle, les catholiques accusent l’hérésie et le débat fait rage depuis la fin du XIXème siècle.

«Cuir, cuir, moustache» pour Touko Laaksonen, aka Tom of Finland. Dès 1957, le dessinateur finlandais se fait remarquer avec ses personnages masculins archétypaux montés comme des taureaux. L’entreprise textile Finlayson créé en 2014 The Tom of Finland collection, en hommage à cet artiste intemporel.

Mythologique et onirique, l’univers de James Bidgood, quant-à lui, met en scène les fantasmes d’éphèbes dans des décors aux couleurs vives. Notamment avec Pink Narcissus, film qu’il écrit et réalise en 1971.

Pink Narcissus (extrait) – James Bigood (1971)

Inspirés par le travail de ce dernier et le cinéma Bollywoodien, Pierre & Gilles, qui partagent vie privée et professionnelle depuis 1976, sont rapidement connus pour leurs photographies retouchées à la peinture relevant presque de l’artisanat. Ils mettent en scène une pléiade d’artistes et people en tous genres au travers de thèmes allant de la culture pop, à la pornographie en passant par la religion. Leur interprétation de «Mercure» illustrait d’ailleurs l’exposition «Masculin/Masculin: L’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours», fin 2013 au musée d’Orsay.

Du «Beau Mâle» de Jean Paul Gaultier, cultivant une androgynie queer à grand renfort de makeup – flop des années 2000, pourtant sur le retour avec de jeunes Instagramers du mouvement « beauty boy », propulsés en cover boy et fers de lance de grandes marques de cosmétiques – jusqu’au footeux métro-sexuels de la fin de la décennie 00, l’homo 2017 est résolument fétichiste.

Pourtant point de pornographie ici ! Comme en témoigne le leitmotive de Pornceptual : «L’art peut-il réussir là où le porno échoue ?». Entre créations artistiques expérimentales et soirées mélangeant les genres dans leurs plus simples appareils, le collectif berlinois créé sur son site un e-shop d’accessoires unisexe clairement estampillé BDSM.

Julien et Stephane forment le duo photographique Exterface, et – comme leurs aînés Pierre & Gilles – mettent également à l’honneur des acteurs porno gay tel que François Sagat ou Fred Faurtin. Associés avec le styliste Stiaan Louw pour créer EXSL : une gamme de vêtements légers et accessoires dans un esprit harnais et sangles très «queer», les deux photographes français apportent avec leurs clichés, une patte arty et léchée reconnaissable entre mille.

En effet, l’acteur porno quitte les tournages brulants pour inspirer les artistes. Il devient modèle, égérie, et parfois même créateur, comme François Sagat et sa ligne de sous-vêtements KICK SAGAT également mis en image par Exterface. Cameron Stalheim assouvit son fantasme en réalisant en 2014 « And then I saw Colby on the street and my fantasy died ». Une sirène serpentiforme dont le buste et le membre viril sont directement moulés sur Colby Keller, également acteur de films pour adultes que l’on retrouve sous le regard de nombre de photographes internationaux.

Après plus d’un siècle à s’extirper du placard d’une société patriarcale et phallocrate, l’homosexualité masculine reste pourtant toujours sujet à polémique et quolibet. Alors en ces jours de Pride, dites-nous les gars, humour potache ou fantasme inavoué ?

Avec FredsterAka-YichiGabriel AltamiranoUntitled ArchetypeOlivier FlandroisReally big and listeningEthan BarryExterfaceFlorian Hetz, Nicolay TolmachevLanz LanzArno RocaMikel Marton, Florian LévyGerardo VizmanosJavier Cortina, Jayson Edward CarterDamien BlottièreEliran Nargassi, Project ClaudeGilbert & GeorgeCameron StalheimPansy Ceramics, Ettore Sottsass.

Exposition LGBTQ :

« Queer British Art 1861-1967 »  du 5 avril au 1 octobre 2017
Tate Britain – London + d’infos

Présents dans ce focus et à redécouvrir sur Art and Facts :

Alberto Lanz et Manuel Diaz : univers noir / Religion : oh my God !

La banane : le fruit qui dépanne

Florian Lévy : catharsis

Gerardo Vizmanos : esthétique épurée

Florian Lévy © Art and Facts

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