Ombrage © Alexandra Laffitte

Interview – Alexandra Laffitte : sentiments minimalistes

septembre 15 | Interviews

Le corps et la gestuelle s’animent avec une simplicité géométrique et minimaliste dans les photographies d’Alexandra Laffitte. Pas de face à face. Le regard vers l’objectif est évité. Une pudeur mélancolique émanent des compositions de l’artiste qui voue une véritable passion pour cette reconversion professionnelle. Touche à tout, avec des premiers amours vers les Arts plastiques, Alexandra épouse l’appareil avec ferveur. Son artefact : la morphologie, l’attitude, la position, une présence ou une gestuelle anormale. Elle s’énamoure entre douceur et noirceur dans un univers esthétique qu’elle tisse avec subtilité.

 

Art and Facts : Comment est née votre passion pour la photographie ?

Alexandra Laffitte : Depuis l’enfance, je suis attirée et passionnée par les métiers artistiques.
 Cela a débuté par la passion du dessin.
Après un parcours scolaire général, je me suis dirigée vers un métier artisanal, la poterie et la décoration sur céramique puis par la suite les Arts plastiques. Durant cette période, j’ai eu la chance de pratiquer la photographie et cela a donné un nouveau tournant à ma vision artistique.
 La photographie a pris un sens et un réel intérêt dans ma vie lors de mon activité professionnelle dans un laboratoire photographique.

A&F : Un souvenir particulier qui a déclenché votre reconversion professionnelle ?

A.L : Je dirai que plusieurs facteurs ont déclenché cette reconversion professionnelle. 
Après dix ans dans l’entreprise et âgée de 30 ans, le manque de créativité et de technique se faisaient de plus en plus ressentir.
 J’ai eu le plaisir et la chance de combler ce vide en intégrant l’école de photographie EFET (Paris 12ème) durant trois ans.

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A&F : Comment choisissez-vous les thématiques de vos séries ?

A.L : Les thématiques choisies ne sont pas forcément fixes au départ. 
Le regard que j’apporte au corps et à sa gestuelle vont me permettre de développer le thème en exécutant une certaine mise en scène, un style graphique, voir même esthétique.

A&F : Quelles sont vos sources d’inspirations ?

A.L : Mes sources d’inspirations principales tournent autour de l’Art, bien évidemment la photographie, mais aussi la cinématographie.
 Lors de mes études en Arts plastiques, dessiner le corps humain à la mine de plomb était devenu une évidence, une passion, c’est le peintre et dessinateur préromantique Pierre-Paul Prud’hon qui m’inspirait beaucoup à cette époque.

Mes références artistiques actuelles sont les photographes Richard Avedon, Joël-Peter Witkin, Tim Walker, Erwin Olaf. Pour finir, l’Art cinématographique m’inspire également beaucoup en rapport avec le fantastique, l’horreur, l’animation avec tout particulièrement une admiration pour le cinéaste Tim Burton.

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A&F : Au delà d’un style minimaliste et épuré, comment définiriez-vous votre univers photographique ?

A.L : Définir son propre univers en tant que photographe reste parfois difficile car l’image est ainsi faite pour parler d’elle-même.
 Le style minimaliste et épuré me plaisent.
 J’adapte en fonction du corps, de la morphologie du modèle, une attitude, une position, une présence, une gestuelle anormales.

L’esthétique et le graphisme sont souvent marqués sur la peau comme un tatouage, un Art qui me passionne particulièrement.

A&F : Quel est votre processus créatif ?

A.L : Le processus créatif n’a pas forcement d’ordre ou de logique.
 Il arrive à partir du moment où le sentiment, l’envie, l’idée se présentent en conservant sa vision de l’être humain, le corps de l’autre en mélangeant simplicité, esthétique et graphisme.

A&F : Des projets à venir ?

A.L : Une page se tourne après ces trois belles années de formation et une nouvelle s’ouvre avec beaucoup de projets en tête, de créations et de rencontres.
Une publication dans un magazine est prévue pour début 2016.

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+ Alexandra Laffitte

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Julie Baquet © Art and Facts

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