Thibault Delhom

Interview Thibault Delhom : courbes minimalistes

février 9 | Interviews

Le travail photographique de Thibault Delhom (Thibault Dlm) s’exprime en harmonie. Son équilibre est d’une finesse maitrisée. Une simplicité évidente condensée dans un style minimaliste et graphique. Les thématiques sont parfois sombres et angoissantes dans ces corps contorsionnés, oppressés et ces visages parfois cachés…

Résolument, cet étudiant de 22 ans possède une esthétique conceptuelle aiguë où les courbes s’articulent tout en ayant un sens. Il développe ses idées et son parcours dans une interview.

 

  

Art and Facts : Qui est Thibault Delhom ?

Thibault Delhom : J’ai 22 ans, et je vis à Paris depuis bientôt 5 ans pour étudier mais surtout pratiquer la photographie.

A&F : Quel est votre parcours artistique ?

T.D : L’intérêt que j’ai pour l’image est présent depuis l’enfance. Je ne pense pas avoir un réel parcours artistique, cependant les envies et les choix se sont toujours portés vers l’expression des pratiques manuelles comme le dessin, la manipulation d’images découpées puis remodelées dans des magazines,  l’exécution sur un dessin vectoriel, ou encore le montage d’une image numérique. Mes envies m’ont emmené naturellement vers des études graphiques et de photographie où l’on peut exprimer à la fois un jugement personnel et une esthétique.

A&F : Votre première rencontre avec la photographie ?

T.D : C’est lors d’un stage de retouche dans un studio de photographie pendant mes études de graphisme. Je voulais voir comment se déroulait la base de la création d’image. Le photographe avec qui j’étais m’a donc proposé de l’assister pour que je puisse me familiariser avec l’éclairage studio et l’appareil photo. Au bout d’un moment, il m’a chargé de shooter toute une gamme de produits pour un catalogue. Je me suis senti à l’aise avec l’exécution et la manipulation sur les shoots de packshots. C’est à ce moment-là que je me suis rendu compte de ma motivation et de mon intérêt pour la photographie.

A&F : Qu’est ce qui vous inspire/influence ?

T.D : L’humain essentiellement. La priorité dans mon travail et dans la vie en général est de rester sensible aux émotions, aux événements et à l’ambiance qui se crée autour de nous. Que cela perdure ou bien que ce soit éphémère. J’ai besoin de comprendre comment les choses fonctionnent, et les images m’aident à le faire. Allant souvent à l’essentiel, j’essaye de ne pas trop me perdre dans les détails, car cela m’impatiente.

A&F : Vous distillez un style minimaliste et épuré où la retouche numérique tient une certaine place. Votre avis sur la question ?

T.D : À mon sens, chaque courbe impressionne et dégage une certaine émotion. Comme un langage des signes, tout s’articule et prend sens, selon l’impact des lignes et leur emplacement. La retouche que j’opère sur les images consiste principalement à atténuer ou bien accentuer les courbes, à les remodeler tout en exagérant la réalité. Mon travail repose en partie sur la manière esthétique de voir les choses.

A&F : Un souvenir à partager d’un shooting ?

T.D : J’ai en mémoire un shooting très agréable avec une comédienne. Je devais réaliser une série de portraits pour son book. Ensuite, comme à mon habitude, je continue la séance pour avoir des images personnelles à retravailler. J’ai souvent du mal à exprimer mes idées ou bien même mes raisonnements, mais cette fois-ci, je n’ai pas eu besoin de décrire ou de me justifier. Une série s’est faite naturellement, dans une compréhension totale avec le modèle.

«C’est ma thérapie, ma façon de voir le monde et de me divertir».

A&F : Quel est votre processus créatif ?

T.D : En général, tout part d’une envie et/ou d’une rencontre. Avec en tête toujours le même thème à aborder : en majeur partie, l’oppression des corps et l’angoisse, mais pas seulement. Je m’adapte le plus souvent sur le fait, avec le modèle. En ramenant un élément graphique sur lequel la série s’articulera, sans vraiment avoir une idée précise du résultat.

A&F : Comment définiriez-vous votre travail ?

T.D : Je ne saurais définir mon travail autrement que par de l’ébauche, de l’essai et de l’apprentissage. C’est un travail qui ne doit pas rester que sur des acquis. Et je ne voudrais pas le définir autrement, même si cela le dénigre. Pour certaines personnes, mes images peuvent sembler travaillées et touchantes, pour d’autres, cela peut donner une impression de brouillon et d’immaturité. La définition de mon travail peut être donnée que par ce genre d’avis divergents et n’est traduit que par celui qui y prête attention. Le mien est certainement plus neutre. Là où je peux en être sûr, c’est que mon travail me définit et m’aide à avancer dans un quotidien. C’est ma thérapie, ma façon de voir le monde et de me divertir.

+ Thibault Delhom 

www.thibaultdlm.com

+ Facebook Behance 

Julie Baquet © Art and Facts

Autres articles

« »