Gold Kimono 2 © Violaine Carrère

Interview – Violaine Carrère : minimalisme sublimé

octobre 19 | Interviews

Dans une pureté exacerbée, Violaine Carrère subjugue avec un univers photographique résolument minimaliste. Un esthétisme éclatant où la couleur virginale est délicieusement mise en lumière avec simplicité. A mi chemin entre fine art et mode, cette artiste prometteuse excelle dans la photo de studio. Elle capte avec intelligence des instants de légèreté dans une expression romantique contemporaine.

Ambitieuse, la jeune femme est à l’initiative du Silver Clash, un studio de création au coeur de Paris, et du White, un concept-store nomade proposant des oeuvres d’art et des objets design entièrement blancs. Interview.

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Art and Facts : Qui est Violaine Carrère ?

Violaine Carrère : Je suis une photographe de studio qui vit et travaille à Paris.

A&F : Quel est votre parcours artistique et photographique ?

V.C : J’ai commencé à aborder l’image à travers la peinture qui est une histoire de famille, puis j’ai fait mes études dans la communication visuelle pour finalement terminer par les Gobelins en photo. En sortant d’école, j’ai monté un studio photo, que je louais au public et dans lequel je conçois mes images. Je ne l’ai privatisé que depuis ce mois-ci et le partage maintenant avec d’autres créatifs faisant partie de la Splendens Factory, viver d’artistes auquel je suis rattachée. J’ai aussi une grande passion pour le design, qui m’a fait créer un autre projet il y a deux ans : un concept store nomade nommé le White.

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A&F : Quels sont vos sources d’inspirations ?

V.C : Mes sources d’inspiration ne sont pas forcément photographiques, si on jette un coup d’œil à ma bibliothèque, les 9/10èmes de mes livres sont consacrés à la peinture. Je fais beaucoup d’expositions de tous genres, je ne me ferme à rien même si j’ai mes préférences. Si je devais vous citer quelques noms d’artistes que j’admire, il y aurait Guy Bourdin, Helmut Newton et Sarah Moon en photo, Soulages (qui pourtant est dans des tonalités opposées au miennes), Rothko, Edouard Hopper, Mucha, Dali pour les peintres, Pierre Paulin et Verner Panton pour les designers. L’architecture aussi m’inspire énormément. Mon dernier émerveillement date de lorsque je suis allée pour la première fois à la fondation Louis Vuitton !

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A&F : A mi chemin entre fine art et photographie de mode, votre univers esthétique est résolument minimaliste et épuré. Qu’est ce que cette définition évoque pour vous ?

V.C : Cette définition me semble être correcte, mais seulement pour le moment. Je fonctionne beaucoup par périodes et là je sens que mon travail est en train de changer pour une nouvelle phase. Je pense que cela sera toujours entre art et mode, ou aussi entre nature morte et art (j’en fais de plus en plus) mais mon univers est en train d’évoluer vers quelque chose d’un peu moins minimaliste et épuré, même si l’on retrouvera toujours cette base simple reliée au fait que je ne shoote qu’en studio. Le fait de choisir chaque détail de chaque photo est une chose qui ne changera pas. C’est le côté « peinture » de ma personnalité qui s’épanouit ainsi. J’aime partir d’une page vierge.

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A&F : Quel est votre processus créatif ?

V.C : Pour mes images personnelles c’est assez simple car très intuitif, je pars d’un élément qui m’inspire (objet, modèle, ou décor), avec une idée la plupart du temps purement esthétique également, comme un type d’éclairage, un jeu de miroirs, de peinture ou autre, je me mets en studio et j’essaie plein de combinaisons. Lorsque j’ai une idée trop précise de mon image, c’est rarement ce que je fais une fois que je suis en train de shooter. L’idée évolue toujours pendant la séance en studio.

Le studio est essentiel pour moi, car lorsque j’y suis cela me met tout de suite dans un état très créatif, les idées fusent toutes seules.

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A&F : Des influences et symboliques particulières vous tiennent à cœur dans vos créations ?

V.C : Je suis peut-être plus dans la sensation, car j’aime l’idée de calme, de suspens, de douceur et dernièrement je me suis sentie très influencée par certains détails de toiles surréalistes, comme celles de Dali, pour ne citer que le plus connu.

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A&F : Parlez moi du concept store Le White.

V.C : L’idée est née chez moi car depuis 3 ans, je vis dans un appartement que j’ai entièrement habillé de blanc, du sol au plafond en passant par les couverts. J’ai commencé à poster quelques photos de mon quotidien dans cet appartement sur un petit tumblr, et cela a tout de suite intéressé la presse, je me suis retrouvée avec de nombreuses demandes de shootings et d’interviews à propos de cet appartement. Devant cet engouement, Adrien Moisson mon associé et moi-même avons voulu faire en sorte que mon univers soit accessible au grand public à travers un concept store où je sélectionne des pièces d’artistes ou de designers uniquement blanches. Voilà comment le projet est né. Il reste nomade, ce qui me permet d’avoir des périodes où je peux uniquement me concentrer sur mes photos comme actuellement.

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A&F : Quels sont vos projets ?

V.C : Comme je viens de fermer mon studio aux locations pour y travailler au quotidien avec d’autres créatifs et en faire un espace d’expérimentation à plein temps, je souhaite surtout faire beaucoup plus d’images avec eux ou toute seule, prendre davantage de temps pour créer, enrichir mon travail. J’ai déjà de futures expositions en préparation et pourrai mieux en parler d’ici quelques semaines si vous me suivez sur Facebook !

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+ Violaine Carrère

www.violainecarrere.fr

www.julienlischka.com

+ Tumblr, Instagram & Facebook

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Julie Baquet © Art and Facts

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