Julie Cherki

Interview – Julie Cherki : onirisme

novembre 23 | Interviews

Un univers onirique où la magie opère dans des paysages grandioses et l’intimité d’une pose. Julie Cherki capte des scènes inspirantes dans ses photographies teintées de poésie. Des lieux extraordinaires se juxtaposent aux corps et aux mouvements. Ici, le regard est invité à la contemplation. La photographe autodidacte nous dévoile les rouages de sa passion qu’elle ne cesse de pousser vers un esthétisme parfait.

.

Art and Facts : Comment est née votre passion pour la photographie ?

Julie Cherki : J’ai débuté la photographie il y a près de trois ans, tout d’abord sans démarche particulière, en faisant de la photo de rue ou de scène, parce que je regarde énormément ce qui se passe autour de moi. Puis, petit à petit, j’ai eu envie d’inscrire les images que j’avais en tête, ou me servir de lieux et d’ambiances pour en créer des nouvelles. Plus ça va, plus j’essaie d’acquérir les techniques qui me permettront d’être au plus proche de ce que j’imagine, de pouvoir penser une photo en amont et de la réaliser comme je l’avais imaginée, à la manière d’un travail plus pictural, même si j’ai encore beaucoup de travail.

.

.

A&F : Un souvenir particulièrement marquant lors des réalisations de vos photographies ?

J.C : Et bien j’en ai des tas mais c’est surtout les moments privilégiés avec la personne qui pose pour moi que ça m’évoque, car il faut trouver le lieu idéal, celui qui tape dans l’œil dès qu’on l’a aperçu, lui trouver un sens, le mettre en scène et tout cela se construit généralement à deux (ou à plusieurs si d’autres personnes participent à la séance). Même si maintenant, j’essaie de plus en plus de les organiser, mes photos pour certaines d’entre elles ont été déterminées sur place, selon le lieu, l’ambiance, un élément en particulier, etc.

.

.

A&F : Dans vos photos, le corps et le mouvement sont juxtaposés à des lieux naturels, parlez moi de votre univers.

J.C : Au départ, c’est que j’aime me balader, la nature en général, donc les scènes de mes photos sont très souvent liées à mes sorties. J’aime les lieux empreints de magie ou de sublime, la figuration visuelle de la matière, la représentation du corps, et la nudité asexuée, voire même unisexe. Je ne suis pas tout à fait encore dans le style que je voudrais avoir, mais je pense progresser vers petit à petit. Je souhaite savoir exprimer un jour le merveilleux angoissé, la rencontre entre le beau, le spectaculaire, et un brin de malsain, de dérangeant ou de surprenant. Jusqu’à présent, je ne savais pas comment le retranscrire, mais petit à petit, les choses se mettent en place, je passe par de multiples phases mais mon univers se construit de lui même tout doucement.

.

.

A&F : Quelles sont vos sources d’inspiration ?

J.C : Un peu tout en fait : des références photographiques et artistiques bien sûr, mais aussi des scènes de la vie quotidienne, des choses auxquelles je pense ou des envies de tester certaines matières (l’eau par exemple), certains mouvements… Car la photographie a de ceci merveilleux qu’elle montre bien souvent tout autre chose que ce que nos yeux ont vu, elle a sa propre interprétation des actions et du temps. C’est passionnant de pouvoir capturer cela, et de le faire évoluer ensuite à son gré en post-traitement et en retouches, ça offre une infinité de possibilités et de résultats. En fait, dans mon quotidien, presque tout est orienté photo, tout objet, tout lieu, toute personne rencontrée peut m’évoquer une photo.

.

.

A&F : Si vous deviez choisir trois mots pour définir vos créations…

J.C : Onirique, étrange, intime.

A&F : Quel est votre processus créatif ?

J.C : Comme je le disais, j’ai deux façons d’aborder les choses, soit en m’adaptant à un lieu ou à une condition climatique etc, en créant une scène au dernier moment, sur place, soit en essayant de penser la photo en amont et de la réaliser telle quelle. En l’occurrence il y a toujours deux inconnues dans ce cas de figure, les fameux lieux et conditions climatiques si je réalise les photos en extérieur, et certaines lacunes techniques que je pourrais avoir sur le moment ou au post-traitement (qui font que souvent ce qui ressort n’est pas tout à fait ce que j’avais imaginé, mais me plaît tout autant). Cela me pousse à rechercher assez régulièrement de nouvelles astuces ou des compétences à ce niveau. En effet, beaucoup de choses se passent à la retouche pour ma part, car j’aime l’idée de repeindre presque entièrement une scène. Je ne le fais pas tout le temps, mais je passe généralement énormément de temps à régler une couleur, un détail, jusqu’à ce que la photo me paraisse terminée.

.

.

A&F : Des projets en cours et à venir ?

J.C : Pas mal de projets créatifs, notamment au moins un avec un illustrateur pour partager nos univers. J’ai certaines séries qui se construisent petit à petit. J’ai eu quelques publications ces derniers temps, et on m’a proposé d’exposer à Paris au printemps même si pour le moment je n’en sais pas bien plus. Tout ceci me pousse à continuer, mais surtout à travailler plus dur pour prétendre arriver un jour à ce que je veux.

.

.

+ Julie Cherki

www.juliecherki.fr

+ Facebook & Flickr

Propos recueillis par Julie Baquet © Art and Facts

Autres articles

« »