Julien Benhamou

Interview – La danse sous l’œil de Julien Benhamou

octobre 22 | Interviews

Un style vif qui sublime les corps, les mouvements et les instants des acteurs du spectacle vivant. Entre Julien Benhamou et la danse, c’est une véritable histoire d’amour. Celle d’un photographe qui s’épanouit à immortaliser la noblesse de cet art. A la fois pour l’Opéra de Paris et pour ses projets personnels, Julien aspire à poursuivre son insatiable désir de création. En collaboration avec des danseurs tels que Aurélien Dougé pour Inkorper Company et François Alu, Premier Danseur à l’Opéra de Paris, l’artiste poursuit des projets à long terme dans deux séries photographiques. Interview.

 

Art and Facts : Qui est Julien Benhamou ?

Julien Benhamou : Je suis photographe dans le milieu du spectacle vivant. Je réponds à des commandes de portraits, de spectacles et d’affiches. Je réalise en parallèle des recherches personnelles sur la danse.

A&F : Quel est votre parcours artistique photographique ?

J.B : J’ai commencé en tant qu’assistant photographe dans la mode et la pub, puis j’ai découvert le monde du spectacle. 
J’ai alors sollicité l’Opéra de Paris pour un projet photographique de portraits de danseurs. Projet qui a été exposé au ministère de la culture. Ensuite, on m’a proposé de couvrir des reportages sur les ballets et les spectacles lyriques.

A&F : Pourquoi avoir choisi l’art de la danse pour principal sujet ?

J.B : Les danseurs sont de superbes modèles. Ils ont un sens de la pose, du mouvement et de l’élégance et utilisent leur corps comme personne. Ils ont aussi un regard et un intérêt pour la création d’image qui est très agréable : il s’agit toujours d’une collaboration lorsque je photographie un danseur. Un autre modèle, chanteur ou comédien par exemple, est plus dans l’expressivité et le rendu flatteur.

A&F : Entre photographier un spectacle et un danseur mis en scène, une préférence ?

J.B : Réaliser des recherches personnelles est un exercice peut-être plus complet et satisfaisant car on est décideur de beaucoup de paramètres (casting, lieu, poses, ambiance, lumière, stylisme et même maquillage). Les images produites sont alors personnelles et revendiquées à 100%. De plus l’échange avec les modèles est très agréable. 
Mais la photo de spectacle est un autre challenge : capter l’instant et le mouvement juste, avoir un regard propre sur l’œuvre. C’est également une expérience assez forte car pendant toute la durée du spectacle, l’attention ne doit pas baisser.

A&F : Comment se déroule votre processus créatif ?

J.B : L’envie est à la base de toute séance et c’est souvent le modèle qui l’insuffle. 
Je commence par mettre un «cadre» au projet et décide du lieu,  du décor, de l’ambiance et des accessoires si besoin. Dans un deuxième temps, je trouve une idée dans laquelle je peux solliciter mes modèles et les inviter au processus créatif. J’utilise des effets dont le résultat est aléatoire pour les impliquer au maximum, par exemple du talque, de la fumée, des mouvements dans les robes etc.

A&F : Des envies de shooter d’autres thématiques que le théâtre, la musique et la danse ?

J.B : Il est vrai que j’aime les artistes de tout milieu : ce sont des personnages avec un univers et une sensibilité propre, cela est très inspirant. Je photographie des danseurs et des chanteurs bien sur, mais aussi des peintres, écrivains, comédiens, metteurs en scène, etc. Tout le monde est intéressant.

A&F : Quelles difficultés peut-on avoir en devenant photographe de danse ? Des particularités ?

J.B : Concernant la danse, la technique photographique est peut-être un peu particulière car il faut privilégier la vitesse d’obturation pour figer le mouvement mais elle s’acquiert très facilement. La difficulté principale réside certainement dans le fait de déclencher au bon moment.

A&F : Vous auriez aimé être danseur ?

J.B : Non, je suis très content à ma place de photographe (sourire).

A&F : Quels sont vos projets en court et à venir ?

J.B : Je travaille sur deux collaborations à long terme avec des danseurs dont j’aime l’univers artistique et la personnalité : Aurélien Dougé, danseur et chorégraphe de Inkorper Company, pour la série «Blessed Unrest» qui se fabrique à partir de nos expérimentations en studio ou en extérieur et François Alu, Premier Danseur à l’Opéra de Paris, avec lequel nous créons une série d’images qui défient la gravité ! Un tirage de chacune de ces deux collaborations sera en vente à l’espace Tajan, 37 rue des Mathurins à deux pas de l’Opéra de Paris, le 14 novembre lors d’une vente aux enchères de photos d’art.

+ Julien Benhamou

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Julie Baquet © Art and Facts

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