une

Interview – L’art des lettres de Tommaso Guerra

septembre 24 | +, Design, Interviews, Street-art

Police, lettrage, imagination et dextérité, Tommaso Guerra, artiste designer, illustrateur et accroc à la typographie répond à quelques questions sur ses passions. L’italien, qui vit et travaille à Rome, aime les mots mais surtout l’art. Il travaille actuellement sur un projet d’installation conceptuelle de chaises et nourrit le doux rêve de concevoir tout ce qu’il lui passe par la tête. Découverte de ses œuvres graphiques tournées vers la typographie dans les commerces et dans la rue.

Art and Facts : Quel est votre parcours artistique ?

Tommaso Guerra : J’ai fait quelques expositions en Italie et en Suisse, j’ai également été conservateur. C’était une expérience magnifique. J’ai fait équipe avec quelques amis dans les projets de street-art (interventions sculpturales).

Si je devais faire une exposition aujourd’hui, je souhaiterai revenir à des œuvres conceptuelles. Pas du figuratif, ni lié à de la typographie. En ce moment je travaille sur une installation de chaises conceptuelles. J’ai vraiment hâte de terminer le projet pour faire des jolies photos !

A&F : Qu’est ce qui vous intéresse dans les lettres ?

T.G : Ce n’est pas facile à expliquer. Dans les lettres il y a tellement de choses qui m’intéressent. Comme les formes géométriques à la fois différentes et reconnaissables. Lorsque ces signes se rapprochent, ils deviennent des mots des phrases élargissant leur charge de communication. Quand une phrase est formée, colorée, décorée, sa signification est amplifiée.

A&F : Parlez-moi des mots que vous dessinez à la craie dans la rue ?

T.G : Cette idée m’est venue en voyant des gens en Italie attirés par les icônes sacrées dessinées à la craie sur le trottoir. Leurs images sont belles et classiques. La technique utilisée : une simple sur le tarmac. Ca a quelque chose de très grand ! C’est une technique qui est, je pense, très utile et actuelle. C’est également économique, non invasif et le résultat est souvent apprécié. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de dessiner sur le sol.

A&F : Vous êtes également designer ?

T.G : Etre designer est un travail magnifique. Aujourd’hui, il y a, je pense, un gros problème. Il n’y a plus de travail de concepteur. Le métier est décliné en plusieurs spécialités : architecte d’intérieur, graphiste, designer automobile, designer pour des marques, designer pour des produits de luxe pour la maison, créateur de mode, web designer… Je suis d’une nature à très vite m’ennuyer. Avant il y avait des professionnels tels que Massimo Vignelli, ou Bruno Munari. Les clients les sollicitaient parce qu’ils étaient des têtes très créatives. Je suis persuadé qu’une même personne peut très bien dessiner le concept d’un téléviseur, d’un scooter et d’une couverture de livre. Aujourd’hui, il y a une spécialisation trop fermée pour toutes ces choses. Mon rêve est de travailler dans une agence qui conçoit non seulement des appartements, mais aussi des fourchettes, des ponts au dessus des rivières et des flacons de parfum.

+ Tommaso Guerra

+ www.tommasoguerra.com

Julie Baquet © Art and facts

Autres articles

« »