Valentin Perrin

Valentin Perrin : l’attrapeur de rêve

février 7 | Interviews

Valentin Perrin, photographe parisien de 27 ans, a su créer un univers onirique qu’il a fait sien. Depuis près d’un an, les éditions Livre d’Art lui ont laissé carte blanche pour la réalisation d’un recueil de ses meilleurs clichés.

« Mais alors, dit Alice, si ce monde n’a absolument aucun sens, pourquoi ne pas en inventer un ? » Valentin Perrin s’est créé le sien. Tout de sombre vêtu, il recrache timidement la fumée de sa cigarette : « C’est en voyant mon travail qu’on peut percevoir qui je suis vraiment. » Déjà la douceur enfantine de ses traits ressort, tandis que, d’une photo à l’autre, il nous balade entre nuages roses et chasse aux papillons. Loin d’une réalité qui l’ennuie, le photographe un peu conteur invite, jusqu’au pays des rêves, les grandes personnes qui ne se souviennent plus. Alors, comme jadis un Petit Prince, il leur montre, leur fait toucher du doigt les paysages merveilleux, fruits de son imagination.

Ses influences : les contes et légendes de toutes les cultures. « Si je devais choisir, je crois que je prendrais la petite sirène d’Andersen, prête à tout par amour et au destin tragique. » Dans cet univers poétique et décalé, il joue d’une certaine dualité : des décors colorés et oniriques dans lesquels évoluent des personnages assez sombres, parfois empreints de nostalgie, à son image. Son attrait particulier pour les contes n’est pas non plus un hasard. Pour lui, tous ces royaumes candides reflètent essentiellement un besoin de fuir « la vraie vie » et de retourner à la genèse… l’enfance, « paradoxalement la fuite est une forme de reconstruction pour moi. » Syndrome de Peter Pan assumé, Valentin Perrin a décidé de faire de son appareil une machine à rêve. Il se projette ainsi « dans un monde qui n’est pas la réalité » et en fait sa principale source d’inspiration : « Je rêve souvent des photos avant de les faire.« 

« Je pense déjà à ma prochaine séance. Je voudrais mettre en scène un Petit Prince qui aurait grandi. »

Dans ce puits imaginaire sans fond, il extirpe l’idée avant de passer à sa réalisation. Si sa formation initiale de styliste lui permet de confectionner toutes les tenues, c’est en autodidacte qu’il s’occupe également de la scénographie, du maquillage, des coiffures. Le tout avant de rejoindre son poste de photographe et de capturer l’instant : « C’est ce que je préfère« . Après chaque shooting, il désagrège costumes, décors et récupère les matières pour ses projets à venir. A l’image d’un rêve qui ne laisse aucune trace sinon de jolis souvenirs… et une photo. Un rite qu’il doit parfois mettre de côté puisque de plus en plus de jeunes créateurs font appel à lui,  à l’instar de Marine Henrion ou de Candice Pernelle.

Une créativité insatiable qui se traduit sous toutes ses formes, de la réalisation avec le clip Invincibleà ses essais littéraires, en passant bien sur par la photographie ou encore le stylisme. « Je pense déjà à ma prochaine séance. Je voudrais mettre en scène un Petit Prince qui aurait grandi. J’imagine une ambiance très stylisée« . La tête dans les nuages, pleine de projets veillant à lutter contre son principal ennemi : l’ennui.

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Marine de Rocquigny © Art and Facts

 

 

 

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