Zakari Babel

Interview schizophrène : Zakari Babel, photographe

septembre 22 | Interviews

Un univers à la fois sombre et fantasmagorique, dark et épuré, du rêve au cauchemar, Zakari Babel aspire à dénoncer des thèmes qui lui tiennent à cœur dont l’euthanasie. Il «alimente de reportages photos plusieurs associations militantes qui aident de nombreuses personnes dans leurs derniers instants», en préparation,  un livre relatant ces histoires : «Euthanasia». Le photographe professionnel a répondu à ses propres questions, voire ses propres questionnements entre autodérision et sincérité dans une interview schizophrène.

  

Zakari Babel : Bonjour Zakari.

Zakari Babel : Bonjour.

Z.B : Comment ça va ?

Z.B : Un peu stressé, mais je vais me détendre quand on va commencer.

Z.B : Alors on commence tout de suite! Parles nous de toi ?

Z.B : Je m’appelle Zakari Babel, j’ai 30 ans, je suis photographe et je travaille depuis mon studio photo à Toulouse.

Z.B : Depuis combien d’année fais-tu de la photo ?

Z.B : Je suis photographe diplômé depuis maintenant 12 ans. J’ai commencé mes études par un CAP Photographie au studio « PhotoPrestige » dans la ville d’où je suis natif, en Champagne. J’ai ensuite tout quitté pour rejoindre la capitale et poursuivre mes études jusqu’à une maitrise en communication visuelle.

Z.B : Est ce que la photographie est ta passion ?

Z.B : C’est évident je pense, l’image me passionne. La couture et les poissons morts aussi, mais je n’ai pas la chance de vivre de toutes mes passions…

  « Les personnes anti photogéniques n’existent pas et c’est là le vrai travail d’un photographe : trouver la bonne lumière de chacun, celle qui nous va bien » 

Z.B : La photographie est donc ton unique gagne-pain ? 

Z.B : J’ai en effet la chance de pouvoir en vivre bien que cela n’a pas toujours été le cas.

Pour financer mes études par exemple, j’ai travaillé pendant cinq ans plusieurs journées par semaine et les week-ends dans une maison de retraite où j’accompagnais des personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer. Un métier d’aide soignant pour une formation de seulement une semaine, pour te dresser face à des toilettes de corps abimés, face à des crises d’angoisses, des amnésies totales, des gens perdus qui errent, et qui parfois souffrent jusqu’au dernier moment, à te dresser face à des toilettes mortuaires aussi.

No pain, no gain… et l’école de photo coutait très cher.

 

Z.B : Je crois d’ailleurs que cette expérience s’est entremêlée avec ton vrai métier?

Z.B : Je ne pensais pas constater un jour de la vraie définition du mot « agonie ». Ce n’est bien sûr pas toujours le cas dans les maisons de retraite, mais parfois ça l’est et c’est inacceptable. Que demanderiez-vous demain si à cet instant T il ne vous restait que 3 mois à vivre avec des douleurs allant chaque jour crescendo, sans plus aucun souvenir ou connaissance depuis hier, confiant chaque matin votre intimité à des inconnus ?

C’est donc depuis cette période que je milite activement pour des lois en faveur de l’euthanasie assistée des personnes souffrantes et mourantes que l’on ne peut plus soulager. J’alimente de reportages photos plusieurs associations militantes qui aident de nombreuses personnes dans leurs derniers instants et je prépare un livre relatant ces histoires : « Euthanasia ».

 « (…) vivre de la photographie c’est plus compliqué que de photographier les copains avec une chouette tenue dans un décor alternatif ou de faire des photos de son chaton dans un panier »

Z.B : Aujourd’hui, on peut voir par exemple sur les réseaux sociaux qu’il y a de plus en plus de photographes, représente t il une concurrence ?

Z.B : J’ai souvent entendu cette question. Il n’y a aucune concurrence, bien au contraire je conseille à tout le monde de faire de la photographie ! C’est un excellent moyen d’expression !

Maintenant vivre de la photographie c’est plus compliqué que de photographier les copains avec une chouette tenue dans un décor alternatif ou de faire des photos de son chaton dans un panier… bien que j’adore ça aussi ! (Il rit)

Le vrai métier de photographe c’est répondre à des demandes précises, c’est aider parfois à passer au dessus de grands complexes. C’est aussi voir des gens heureux tout l’été pendant leurs mariages pendant que ton doigt qui déclenche photo par photo reste sans anneau et sans cocktail au bord de l’eau ! C’est recevoir six enfants habillés en rouge et blanc, tellement excité par Noël qu’ils t’arrachent la moitié du décor de ton joli petit studio (je propose des Lexomils avant de recevoir des enfants maintenant). Photographier quelqu’un qui te paye pour ça, c’est ne pas le décevoir et trouver ce qu’il vient chercher : sa beauté.

Les personnes anti photogéniques n’existent pas d’ailleurs et c’est là le vrai travail d’un photographe : trouver la bonne lumière de chacun, celle qui nous va bien.

 

Z.B : Qu’est ce que tu aimes le plus dans ton métier ?

Z.B : Le moment où je fais découvrir des photos à leurs propriétaires.

Z.B : Qu’est ce que tu aimes le moins ?

Z.B : Les vernissages.

Z.B : Le nom de ta première exposition ?

Z.B : Horribilis, chapitre1.

Z.B : Quel est ton dernier projet ?

Z.B : J’ai eu la chance de participer au VISA OFF du festival de photojournalisme à Perpignan ce mois-ci, en collaboration avec la Maison de l’emploi. Je présentais une exposition qui visait à lutter contre les discriminations physique sur le lieu de travail.

Z.B : Tu es plutôt argentique ou numérique ?

Z.B : Plutôt numérique malgré l’obtention de mes diplômes en argentique (le numérique est arrivé tout juste après). J’aime en effet la quantité quand ça rime avec qualité.

Z.B : Plutôt Canon ou Nikon ?

Z.B : Les deux.

 J’aimerai partir et me diriger vers le photojournalisme, j’aime voir, découvrir et faire découvrir. Et puis Superman travaille pour le Daily Planet et pas pour Vogue !

Z.B : Plutôt vaginal ou plutôt clitoridien ?

Z.B : Plutôt truite en fait.

Z.B : Qu’est ce qui t’inspire ?

Z.B : Les losanges, les poissons morts et toutes ces personnes formidables avec qui j’ai la chance de collaborer.

Z.B : Et t’en as pas marre de faire des photos gores pour des pochettes d’album de groupes de métal ?

Z.B : Non, j’adore ça.

Z.B : Ton photographe préféré ?

Z.B : Difficile à dire, j’en aime tellement… Je dirais Yann Arthus-Bertrand. Photographe de talent et militant écologiste engagé, il est l’auteur du fameux La Terre vue du ciel, hommage à la beauté de notre planète paru en 2006.

Z.B : Tu prévois quoi pour la suite ?

Z.B : J’aimerai partir et me diriger vers le photojournalisme, j’aime voir, découvrir et faire découvrir. Et puis Superman travaille pour le Daily Planet et pas pour Vogue !

Z.B : Sans réfléchir, qu’est ce qui te vient en tête là maintenant ?

Z.B : Nana Mouskouri, quand tu chantes et quand tu chantes, quand tu chantes ça va.

Z.B : Une dernière question, nous devions être que tous les deux et pourtant tu as tenu à être accompagné pour cet entretien. Mais qui est cette personne avec toi et que te murmure t-elle à l’oreille depuis le début de l’interview?

Z.B : Elle me dit que tu as été très méchant et qu’il faut que je décore ton oesophage avant de le photographier.

Z.B : Ok cette interview est terminée… Merci Zakari.

Z.B :

 

 

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Julie Baquet © Art and Facts 

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